Pour ce mardi, je partage avec vous…

ce texte  de Anne-Dauphine Julliand  – journaliste et écrivain-

DERNIERE CARESSE

<< Il fait un simple  geste, un tout petit geste,qui, dans un autre contexte aurait été anodin, au point sans doute  de passer inaperçu.
Le geste  d’une mère pour son enfant, d’un homme pour sa femme, d’un grand-parent pour son petit enfant.

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Une caresse sur la joue qui dit la tendresse,

Les doigts qui glissent sur le velours de la peau  et qui laisse une empreinte de douceur.

Dans son gest à lui; il y avait  bien plus que de la tendresse  et de la douceur, il y avait un concentré d’humanité.
Une Foi en la dignité de l’homme qui fait cette caresse l’une des plus belle qui m’ait été de voir.
Et je ne l’oublierais jamais.

A cette caresse il a joint quelques mots brefs , prononcés presque bas  dans le souffle qui suit le soupor:  » Allez , on y va  »

Pour donner du courage , et à s’en donner aussi.
Il semblait  tout à celui qu’il accompagnait.

Et pourtant, sur le brancard devant lui , tendu d’un drap immaculé, reposait un homme  aux yeux éternellement clos.

Cette caresse m’a tellement bouleversée, c’est celle d’un vivant  pour un mort qu’il ne connaît même pas. Cet homme  est chargé , c’est son métier, de conduire les défunts  depuis leur chambre  en unité de soins palliatifs, au funérarium, un étage plus bas, ou deux je ne sais pas.

Son travail ne s’arrête sans doute pas là, mais j’ignore ce qui se passe  une fois les portes de l’ascenseur refermées.

L’infirmière qui était à mes côtés  lorsque j’ai saisi ce geste tendre, m’ a glissé à l’oreille comme une confidence: « Il fait toujours ça , traiter les morts  comme les vivants.

A chaque fois il a un geste , un mot  pour celui qui  pourtant ne perçoit  ni n’entend plus. Il leur explique ce qui se passe  et ce qu’il fait.

Parce qu’au-delà du corps déjà froid , du visage immobile  et de la peau de cire, il perçoit toujours l’homme.

Ce geste de grande humanité fait taire à lui seul tous les débats animés  sur le fait de mourir dans la dignité.

Il dit  à quel point  cette dignité fait tant partie  de la nature humaine  qu’elle perdure au-delà de la mort et appelle le respect. Et la tendresse d’une caresse.

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J’ai aimé ce texte, j’ai pensé à tous ces  gens qui sont morts du covid, sans  aucun membre de leur famille avec eux pour cet ultime « Au-revoir », et je me suis dit que les soignants avaient eu sûrement  ces gestes d’humanité  pour les accompagner.

Je vous souhaite une bonne journée,

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8 commentaires sur “Pour ce mardi, je partage avec vous…

  1. Coucou Marie
    C’est un texte un peu triste 😔 pour débuter cette journée grise et pluvieuse
    Nos infirmières ont certainement des paroles de réconfort pour leurs malades
    Gros bisous et bonne journée
    Mitou

    Aimé par 2 personnes

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