Les invisibles

Coucou Anne ton billet m’interpelle, je pense souvent , le soir venu quand je suis bien au chaud , à ces pauvres gens. Tu as raison quand tu dis que l’on passe sans les voir, sans doute se sent-on un peu coupable alors pas un regard , on file vers notre logis. Ce ne serait pourtant pas difficile une petite pièce, quelques mots , un sourire, un peu de chaleur humaine. je n’ai pas coutume d’en voir dans notre village il n’y a pas de SDF , mais je me souviens que quand je me garais au parking sous la mairie de Troyes , dans le hall, il y avait toujours un homme avec sa soucoupe devant lui, il demandait rien , je lui laissais toujours une pièce mais s’en m’arrêter et puis un jour , au moment de payer , ZUT je n’avais plus de pièces, désemparée , je ne savais que faire, il m’a fait signe de m’approcher et prenant dans sa soucoupe la seule pièce de 1 euro , me l’a tendue avec un sourire, décontenancée, je l’ai prise, j’ai payé mon parking et je suis revenue vers l’homme, je l’ai remercié, je lui ais fait un sourire, nous avons échangé quelques banalités et je lui ai glissé un billet, Je ne le faisais pas pour ça m’a-t-il dit , je voyais bien que vous étiez ennuyée. si je le revoyais à sa place , dans le hall, je m’arrêterais lui donner une ou deux pièces, mais surtout je lui dirais quelques mots et je le regarderais comme un Être humain et no comme l’Homme invisible. Voilà Anne ton billet a fait ressurgir ce beau souvenir Bon après-midi MTH

suzanne35

On passe devant lui sans le voir ou en faisant semblant de ne pas le voir, il gâche le décor, il nous gêne, alors on presse le pas en pensant au bon diner qui nous attends et à notre lit moelleux, bien au chaud. Certains aperçoivent tout de même un tas de vêtements d’où émerge une tête fatiguée, mais cela ne les émeut pas outre mesure, ils continuent leur chemin vers leur vie facile…. La plupart des SDF sont des enfants de la DASS, trimbalés de foyer en foyer plus ou moins aimants, et renvoyés à 18 ans, sans aucun bagage, ils n’ont jamais su trouver leur place, petits, on ne les a jamais bordés dans leur lit, on ne leur a jamais raconté de livres ni souhaité leur anniversaire, avec une jeunesse sans amour, comment pourraient il se construire ?

Voir l’article original

Votre commentaire

Choisissez une méthode de connexion pour poster votre commentaire:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :