Petite suite à mon billet sur le cochon,

Je me souviens…

C’était  juste après notre mariage.

J’avais 18 ans et je débarquais de la ville.

En ce temps là mes  beaux-parents avaient en plus des vignes , une petite ferme: 4 vaches, deux chevaux, des poules, des canards,  des lapins et … un cochon.

Un jour quand le cochon est bien gras, il faut le tuer.

C’était le rôle de l’oncle de Serge, mais celui ci vieillissant , il désigna comme successeur son neveu : Serjouille la Fripouille , ce qui  ne lui plaisait pas  mais dans ce temps là c’était les « Vieux qui commandaient » .

Donc ce jour arrive , le cochon qui doit avoir des « antennes » n’arrête pas ; ses « groins groins » angoissés me font penser qu’il sait ce qu’il va lui arriver.Première étape: il faut le sortir de la soue, ce n’est pas facile, il se débat comme un diable et les hommes ne sont pas trop de 4 pour le maîtriser.

2 ème étape: on installe cette pauvre bête sur une sorte d’échelle, on le ligote bien entendu , la tête bien penchée en arrière pour  qu’on  repère bien le cou.

3 ème étape c’est là que mon rôle commence: je dois tenir une grosse marmite avec un manche pour recueillir le sang qui va jaillir après que Serge aura donné le coup de couteau.

C’était affreux, le cochon couinait de plus en plus faiblement, la tête détournée, je tendais le bras avec au bout le récipient, j’étais au bord de l’évanouissement, mais j’ai tenu !

le cochon une fois mort était pendu et il étaient éviscéré par les hommes.

Mon rôle n’était pas fini car une fois les boyaux enlevés, les hommes allaient les nettoyer à la rivière  et la grand-mère de Serge et moi  devions souffler dedans pour pouvoir emmancher le sang qui fera le boudin!

Pour tout dire, je n’ai fait qu’une fois  cette horrible corvée, Serge avait été ferme la-dessus : on ne devrait plus compter sur nous deux !!!!Le repas de midi, on mangeait « la gruotte » ensemble des abats du cochon que ma belle-mère cuisinait à merveille au vin blanc (je n’ai pas pu en manger, cela me mettait le coeur au bord des lèvres) . La rate était cuisinée seule car elle était destinée au « tueur  » de cochon.

Heureusement pour moi, Serge était plus vigneron que cultivateur, petit à petit il a racheté des friches que personne ne voulait, et il les plantait en vignes , c’était le début de notre exploitation.

Je n’allais plus qu’aux vignes , laissant à ma belle-mère le soin de la ferme !

C’est une petite anecdote , ce n’est pas un bon souvenir loin s’en faut.

Même la soeur de Serge n’avait jamais été actrice dans la mort du cochon, à  14 ans elle était partie pour apprendre la couture en ville, elle avait vu comment sa mère travaillait, elle ne voulait pas de cette vie là.

C’est juste un petit bout du commencement de ma vie d’épouse.

Et quand je pense que certaines personnes pensent que je suis « une vieille bourgeoise snob » ….

Bon samedi,

18.04.12-pre-11MTH

13 commentaires sur “Petite suite à mon billet sur le cochon,

  1. Une sacrée expérience dans ta vie de jeune épouse, tu as été courageuse d’aller au bout des missions que tu devais accomplir, chapeau bas Madame.
    Bises et bon samedi – Zaza

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  2. Bonjour Zaza, je pense que maintenant je me serais rebellée , mais c’est du passé n’en parlons plus, il y a beaucoup à dire sur cette époque (les années 1960) sur les conditions de vie des femmes d’agriculteurs et entre nous, Chut, je pense que ma belle-mère se vengeait un peu sur moi en me donnant des ordres… je pense qu’elle me considérait comme « la bonne » … Bisous MTH

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  3. Sylvie a connu ce genre de vie à 16 ans, sans expérience et avec un beau père dur, intransigeant, jamais un mot aimable, heureusement sa belle mère était un ange. Elle a tenu le coup mais après avoir attrapé la brucellose, ça a été infernal, elle n’avait plus le droit de s’occuper des animaux et on lui faisait comprendre qu’elle était une bouche inutile. Après 10 ans de cette vie elle est partie. Personnellement je n’ai jamais aimé la vie à la campagne. Tu as été bien courageuse, toi petite fille de la ville et tu as appris à tout faire. Bisous.

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  4. Pas un bon souvenir en effet. Merci de nous avoir si bien raconté cet épisode de ta vie…
    Ma maman de la campagne n’a jamais pu se faire à la triste destinée des animaux à la ferme. Lorsqu’on tuait le cochon, elle s’enfuyait à l’autre bout du village pour ne plus entendre les cris de la pauvre bête qu’on égorgeait… Elle s’attachait aux vaches qu’elles gardaient, aux petits agneaux et chevreaux… aux poules, aux canards, aux oies, aux chats et chiens…
    Bizzz

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    • Coucou Kimcat, comme je la comprends , je sais aussi que ce n’était pas de la cruauté , c’était pour manger qu’il fallait tuer, et je pense aussi que les hommes se voulaient insensibles (en apparence) pour parâtre être « un vrai homme » bisous bon après-midi MTH

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  5. Bonjour Marie,
    Comme je te comprends !!! Je n’ai jamais pu m’habituer à cet événement qui pour certains était
    une fête, la fête du cochon!…
    Ensuite il y avait cette cochonnaille à préparer… je ne supportais pas cette odeur!…
    De mauvais souvenirs !…
    Passez un bel après-midi.
    Ninie
    Bises
    Ninie

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  6. Coucou Marie, souvenirs…chez mes grands-parents, c’était un boucher qui venait, le cochon était assommé avant de le saigner, je ne me souviens pas des cris … mais je me souviens bien de ceux des lapins, quand mon grand-père les saignait, (mauvais souvenir). Les peaux étaient mises à sécher et de une personne les récupérait.
    C’est vieux, mais la mémoire est là ( et c’est tant mieux) pour nous rappeler tout cela.
    Il fait moins chaud, le vent d’Est souffle assez fort.
    Bonne fin d’après-midi.

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  7. Bonsoir Marie,
    Merci beaucoup pour ce petit bout du commencement de ta vie d’épouse. Je t’admire, tu sais !!! C’était une autre époque, en effet !!! Ouf !!!
    Douce soirée,
    Bisous 😘

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  8. Heureusement que j’ai été « convertie » en vigneronne, le travail a des moments durs quand on est dehors mais pas de comparaison avec le travail de la ferme, je ne sais pas si j’aurais tenu le coup. Bisous MTH

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  9. Un épisode que j’aurais bien voulu éviter aussi,j’entends encore les cris du cochons et je vois la bassine de sang comme si elle était encore devant moi, je devais à voir 14 ,15 ans et c’était chez ma tante . J’ai même pleuré,dur pour moi qui aime tant les animaux. Depuis plusieurs années je ne mange plus de viande,je n’ai jamais vraiment aimé mais à présent je n’aime plus du tout 😉
    Gros bisous et bon dimanche
    Mitou

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